Charlie et ses drôles de dames (Charlie’s angels)

McG, 2000 (États-Unis)


Cameron Diaz, Lucy Liu, Drew Barrymore sont à Los Angeles, jouent tous les rôles et sont au centre de toutes les situations (ou presque) que le cinéma soit capable de produire. Elles ne sont pas actrices, elles sont « drôles de dames ».

Dans un avion de ligne, alors qu’un écran grand format diffuse le faux T. J. Hooker, le film, Drew Barrymore qui, à ce moment précis, a les traits et la silhouette d’un grand noir baraqué, lance dans un soupir « Encore un film adapté d’une vieille série télé ». Voilà une gentille façon d’anticiper les critiques. Une poignée de secondes après, comme si elle savait que son soupir ne valait rien, elle se jette de l’avion avec un passager dans les bras (celui-ci a tout de même une bombe accrochée au corps…). Charlie et ses drôles de dames est « librement inspiré » de la série Drôles de dames créée par Ivan Goff et Ben Roberts en 1976 (stoppée cinq saisons plus tard en 1981). De ce modèle d’origine il ne reste que la trame (la fidélité n’est en aucun cas recherchée) : de séduisantes agents d’investigation travaillant dans une agence privée tenue par un mystérieux mécène (le Charlie du titre), dont on n’entend d’ailleurs jamais que la voix (les gros plans sur le petit haut parleur gris très années 1970 ont été conservés). Diaz, Liu, Barrymore incarnent les personnages d’abord tenus par Sabrina Duncan, Jill Munroe et Kelly Garrett ; un atout supplémentaire est avancé avec, dans le rôle de Bosley, Bill Murray (l’acteur se contente du minimum, il faut bien l’avouer).

Comme un calendrier de camionneur ou de mécanicien, Charlie et ses drôles de dames est surtout très sexy et très coloré. L’humour y est souvent débile (on cible autant les adolescents qui ne connaissent pas le feuilleton qu’un public baigné par les séries américaines qui envahissaient les écrans télé dans les années 1970-1980), les acteurs pratiquent aussi l’autodérision (Cameron Diaz en particulier). Dopées façon Matrix (Larry et Andy Wachowski 1999 ; acrobaties aériennes et effet bullet time), les scènes d’action sont énergiques et constantes et ces drôles de dames envoient à coup de latte James Bond (Daniel Craig ou pas) en maison de retraite. Très comparable à Starsky et Hutch de Todd Phillips (2004, avec Ben Stiller et Owen Wilson), l’ensemble est somme toute assez ludique.

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