Wonderland, le royaume sans pluie (Birthday Wonderland)

Keiichi Hara, 2019 (Japon)

La fable écologique a son charme. Keiichi Hara joue sur la pluralité des décors et l’émerveillement qu’ils suscitent. Les couleurs vives partout éclatent à l’image. Traversée sur une passerelle scintillante tissée par une araignée besogneuse, Continuer la lecture Wonderland, le royaume sans pluie (Birthday Wonderland)

The third murder

Hirokazu Kore-Eda, 2017 (Japon)

Habitué des sélections cannoises et lauréat de la palme d’or en 2018 (Une affaire de famille), Hirokazu Kore-Eda est connu pour son cinéma intimiste et presque documentaire dans son approche, aussi est-il moins surprenant qu’il n’y paraît de le voir dans The third murder s’aventurer dans le registre du film policier. Oh rassurez-vous, rien à voir avec un thriller haletant dans lequel un policier incroyablement tenace, pourchasse un tueur fourbe et rusé à travers un décor urbain glaçant et impersonnel. Continuer la lecture The third murder

Si tu tends l’oreille (Mimi wo sumaseba)

Yoshifumi Kondo, 1995 (Japon)


Quand Benjamin nous a proposé d’écrire sur un film pour fêter les dix ans de ce blog, j’ai pensé à ces marqueurs qui constituent, pour chacun d’entre nous, les étapes-clé de la construction d’une cinéphilie. Pour moi il y eut par exemple Bresson : le premier qui me fit découvrir qu’on pouvait aimer le cinéma ancien sincèrement, intensément, et non avec ce froid respect culturel, comme on le fait au musée, le doigt sur le menton… Il y eut aussi Devdas (Bhansali), qui me fit retoucher du doigt une sensation d’émerveillement total, que je pensais à jamais enterrée avec l’enfance, et dont j’avais en quelque sorte fait le deuil. Ou encore Jambon Jambon (Lunas), vu jeune adolescent, qui me fit comprendre que l’excitation érotique au cinéma n’était pas ce plaisir coupable dont le film serait l’hypocrite excuse, mais l’une de ces choses intimes et essentielles qu’un cinéaste, qui n’a qu’une vie, a pour première urgence de nous transmettre… Continuer la lecture Si tu tends l’oreille (Mimi wo sumaseba)