Eric Besnard, 2008 (France)

Lors de mes récentes sorties en salles obscures, la bande-annonce de Cash était systématiquement diffusée et devenait, à force, insupportable : ça sentait bon le « sous Ocean’s eleven/twelve/13 » à la française avec toute la panoplie des incontournables du cinéma français actuel (vous savez ceux qu’on voit dans un nouveau film une fois par mois en moyenne !) : Clovis Cornillac, même s’il ne fait qu’une apparition, François Berléand, Jean Dujardin, Alice Taglioni… Mais aussi, fort heureusement, le grand Jean Reno. Bref, pas vraiment emballé et, avec pas mal d’ a priori, je me suis finalement dit qu’il valait mieux juger un film en le voyant en entier plus qu’à sa bande-annonce… Au pire j’aurai, une bonne surprise !
Mais la première impression que m’avait laissé cette bande-annonce était malheureusement la bonne… Allez pas forcément un mauvais film, mais véritablement une pâle copie du cinéma d’arnaque « à l’américaine ». Cash est plein de prétentions, bourré de clichés et en fait des tonnes : musique typique de ce genre de films et omniprésente, effets « écran splitté en deux ou en trois » façon Scorsese ou De Palma (hum…), un Jean Dujardin qui joue à fond son rôle de « petit futé brillant, plus malin que tout le monde » (mais sans le second degré d’Oss 117 -Michel Hazanavicius, 2006-…).
Quasiment tout le film tout le monde a sa flûte de champagne à la main, souvent près d’une belle piscine, d’un billard ou d’un golf et joue à « qui double qui » : « en fait, lui, il fait semblant de se faire doubler pour mieux faire croire que c’est le pigeon et, en fait, c’est lui qui tire les ficelles, mais elle a vu son petit manège et fait semblant de rentrer dans son jeu pour mieux à son tour le doubler, sauf que celui du début n’était pas le méchant mais un complice qui fait croire que… ». A force de vouloir en faire trop le scénario se mord la queue en rebondissements improbables !
Et puis, il faut l’avouer: Jean Dujardin n’est pas Brad Pitt, Jean Reno pas George Clooney non plus, et les grandes séductrices Alice Taglioni et Valéria Golino n’ont pas encore le charme, la classe et la distinction de Julia Roberts ou encore Jodie Foster…
Selon moi, un film qui pêche par trop d’orgueil et de prétention et qui véhicule trop clairement le message « ben, vous voyez qu’en France on peut faire un film aussi bien que les Américains, de la trempe de Casino [de Martin Scorsese ! sorti en 1996] ou Ocean’s eleven [de Steven Soderbergh ! sorti en 2002] »… Sauf que… Non. Les films précités excellent dans leur domaine et celui-ci est tout simplement médiocre.
Ludo



