Cabeza de Vaca

Nicolás Echevarría, 1991 (États-Unis, Royaume-Uni, Espagne, Mexique)




Álvar Núñez Cabeza de Vaca est le trésorier impérial d’une expédition menée en 1528 visant à découvrir l’Eldorado afin d’en ramener les richesses. Mais très vite, l’aventure tourne court. Le navire fait naufrage et les hommes, sans provisions, sont décimés par la faim et la soif, pratiquant parfois le cannibalisme. Les survivants accostent enfin sur un littoral de l’actuelle Floride pour presque tous être massacrés par les Indiens. Quatre survivants sont capturés dont Cabeza de Vaca. Ce dernier est vendu à des chamans comme esclave. Pourtant, il parvient à gagner la confiance des Indiens et sa liberté, à retrouver ses compagnons et, au bout d’une errance qui dure huit années, à rejoindre les colonies espagnoles.

C’est la première fiction du cinéaste mexicain Nicolás Echevarría, connu surtout pour ses documentaires. Et c’est plutôt une réussite. Tout d’abord, les images sont saisissantes. Même si la tâche fut difficile, il réussit à montrer de façon quasi documentaire la vie quotidienne des tribus indiennes de l’époque qui ont depuis toutes disparues (ce qui est bien vu puisque Cabeza de Vaca est aujourd’hui considéré comme l’un des précurseurs de l’ethnologie). Le film prend également une dimension fantastique avec les séquences hallucinantes du chamanisme auquel le héros est initié (guérisons miraculeuses et sorts). Le cinéaste décrit enfin l’impossible cohabitation entre les Indiens et le peuple blanc conquérant, insensible aux récits de Cabeza de Vaca, et qui, par avidité de l’or et par fanatisme religieux, exterminera des peuples entiers et leurs cultures.

Pour apprécier le film, le spectateur devra toutefois accepter sa lenteur et la contemplation vers laquelle son réalisateur nous amène. Les acteurs, par leur jeu théâtral, en font parfois un peu trop. Mais je me suis laissé porter par cette fascinante aventure humaine, véritable plaidoyer pour la tolérance entre les peuples. Un film inédit en France (il n’était sorti en 1991 qu’en Amérique du Nord et au Mexique) et qu’il est bon de (re)découvrir aujourd’hui.

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