Blindness

Fernando Meirelles, 2008 (Brésil, Canada)




Le sujet de Blindness était de prime abord intéressant et se rapprochait assez de celui de Phénomènes (M. Night Shyamalan, 2008), entre fantastique et film catastrophe… Mais pour le côté fantastique, on ne trouvera ici qu’un profond ennui, fantastique il est vrai, et un résultat assez… catastrophique ! Je suis peut-être un peu sévère, mais les deux heures de projection m’en ont vraiment paru trois !

Le scénario catastrophe est plutôt original (l’adaptation du roman L’aveuglement de José de Sousa Saramago, publié en 1995) avec un étrange mal qui se répand à vitesse grand V : une épidémie de cécité. Phénomène jusqu’alors inconnu (ceux qui en souffrent sont aveuglés par une lueur blanche au lieu d’être plongés dans le noir), inexpliqué et fulgurant, puisque bientôt l’ensemble de la planète, en tout cas on l’imagine, sera touché. Les premières victimes seront isolées dans des hôpitaux de fortune, laissées à l’abandon sans aucun personnel médical. Très rapidement, leur environnement va devenir d’une insalubrité à nulle autre pareille, les personnes affamées marchant dans leurs propres excréments… Un long passage (les trois quarts du film se déroulent dans cet hôpital et les scènes ont été en fait tournées dans une prison américaine) bien glauque et surtout… Très long ! Parmi les « nouveaux aveugles », une femme voyante accompagne son mari, mais en ne disant mot de sa vue, de peur de représailles ; car dans cet enfer, les hommes laissés à eux-mêmes retrouvent leurs instincts primitifs, certains vont se dresser en meneurs, s’autoproclamant chefs, en dictant leurs propres règles pour obtenir et distribuer la nourriture (racket, viols…). Un univers particulièrement sordide et éprouvant pour les plus claustrophobes ! Il arrive aussi au film de nous faire profiter avec les protagonistes d’une bouffée d’oxygène : les prisonniers parviennent à sortir puisqu’il semble qu’à l’extérieur, après plusieurs jours (semaines ou mois ?), tout le monde ait été contaminé, y compris les militaires qui les gardaient en quarantaine. Et les dernières vingt minutes sont plus impressionnantes avec de grands espaces et une vision urbaine apocalyptique (tourné à Sao Paulo) qui rappelle Je suis une légende (Francis Lawrence, 2007) : les zombies sont ici des personnes vivantes, mourant de faim, errantes et tombant dans la folie… Des zombies comme on en croise parfois dans la rue… Quel dommage d’avoir axé la majeure partie de ce long métrage dans l’hôpital alors que les scènes de survie en extérieur me semblent meilleures. La toute fin n’offre guère de surprise, mais pouvait-il en être autrement ?

Blindness, avec ces vingt dernières minutes, finit sur une bien meilleure impression que le reste de son déroulement et nourrit par là-même beaucoup de regrets : longueurs, mauvais rythme et musique quelconque. Décevant et vraiment dommage d’avoir gâché un scénario si prometteur. De la part de l’auteur de La cité de Dieu (2002) ou de The constant gardener (2005), et avec de tels acteurs (dont Julianne Moore qui se voit plonger dans un univers proche de celui de l’excellent Les fils de l’homme d’Alfonso Cuaron, 2006), on pouvait vraiment s’attendre à mieux.

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