Bienvenue chez les Ch’tis

Dany Boon, 2008 (France)

Bon cette chronique doit logiquement être très courte, car que rajouter à tout ce qui a déjà été dit ? Pour une fois, il y a une justice : une très bonne comédie « à la française » est aussi une comédie qui fait des entrées, comme quoi Asterix s’est fait détrôner ! Fait rarissime également: plaire à la critique et aux spectateurs ! De là à expliquer le succès historique du film (vingt millions d’entrées, meilleur démarrage d’un film, tous genres confondus, national comme international, de tous les temps en France !), qui tourne au phénomène de société, c’est difficile à interpréter, mais bon tant mieux pour Dany Boon et sa bande !

Le film est léger, drôle mais pas bête (même si je préfère quand même un summum du genre tel que Le dîner de cons de Francis Veber, 1998), plein de bons sentiments et populaire dans le sens noble du terme. Le duo Kad/Dany Boon rappelle les grands duos comiques Bourvil/De Funes, vraiment ! Et c’est pas un petit compliment… Mais il est amplement mérité. Prestation « galabruniesque » (et pas « carla bruniesque »… Attention) d’anthologie aussi, et d’une manière générale des autres acteurs, comme par exemple Line Renaud dans un rôle moins consensuel que d’habitude !

La seule chose qui puisse nous faire peur maintenant, c’est qu’évidemment Dany écrive forcément une suite (l’équivalent dans la région PACA), et on sait bien que les suites de films comiques sont souvent de très gros ratés…. Si l’on pouvait rire devant Les visiteurs de Jean-Marie Poiré (1993), la suite était très mauvaise… Idem pour Les Bronzés de Patrice Leconte (1978, et Les Bronzés font du ski en 1979), dont le comeback était très dispensable (Les Bronzés 3 amis pour la vie du même réalisateur, 2006)… Enfin, avant de commencer à râler sur une éventuelle suite « forcément moins bien », ça fait vraiment du bien de rire un bon coup sans qu’il y ait forcément un côté pseudo-intello derrière pour justifier qu’on ne rit pas devant des crétineries… Après oui, il y a aussi un côté très politiquement correct, happy end et bons sentiments de rigueur, mais bon… Est-ce que je peux finir sur « Allez biloute! » ou ça fait déjà cliché ? Non, ok, alors je le fais pas.

5 commentaires à propos de “Bienvenue chez les Ch’tis”

  1. Etant un « sudiste » récemment monté dans le Nord je me suis un peu identifié au personnage de Kad et je suis donc allé voir ce film. N’étant pas fan de Kad ni de Dany Boon, je partais avec quelques préjugés.
    Et bien j’ai été agréablement surpris ! Une bonne comédie avec plein d’humour, les expressions du Nord ne sont pas omniprésentes pour les gags, il y a bien d’autres choses qui nous arrachent de bons rires.
    La petite participation de Galabru est remarquable et participe à la bonne ambiance du film. Au final je suis sorti de la salle de bonne humeur sans jamais m’être ennuyé une seconde.

    En ce qui concerne la réalité contre film. Il y a quelques expressions qui se retrouvent chez les gens mais pas autant que dans le film. L’accent est très présent et pas loin de celui qu’on y retrouve dedans. Et au niveau de la bonne humeur générale des gens, elle est effectivement trés présente 🙂

  2. Eh bien je suis plus partagé sur ce film : la bande annonce en montre à mon goût beaucoup trop (et encore ne regardant pas la tv, j’ai dû échapper aux multiples plateaux promotionnels !). L’effet de surprise ne jouant plus c’est beaucoup moins marrant. Autre critique, la reprise du cliché des gendarmes sur le bord de l’autoroute, du déjà vu et revu. Quant à l’accent du Nord, j’aurais eu besoin d’un décodeur de temps en temps.
    La tournée du facteur « en binôme », « le vrai/faux Bergues » restent cependant de grands moments tout comme le très court passage avec Michel Galabru (déjà relevé par Maître Ludo).
    Bref, un film amusant mais sans plus même si faire rire les gens est à mon sens le plus dur à réaliser.

  3. Alors hop ce film fait tant d’émules que je ne pouvais passer à côté d’un commentaire. Je commencerai par ce qui ne m’a pas plu, le petit bout de la lorgnette dirais-je : le casting de Zoé Félix AKA « Julie Abrams », j’ai vu dans une interview (ricky ferme les yeux ;)) que son agent l’avait fait passer pour une native du Sud. Là je dis respect à cet agent qui a fait du sacré bon boulot. Vous l’aurez compris je n’ai pas aimé Zoé dans ce rôle, plus proche de la Parisienne huppé que de la Manon des sources, à tel point que lorsqu’elle dit « je t’ai fait de la soupe au pistou », j’ai l’image en tête d’une boite de conserve « Nos régions ont du talent » ouverte à la va-vite… Dommage donc pour les quelques effets du film qui dépendent de son personnage de femme du Sud exubérante et dépressive au grand oncle si merveilleux. Et là je passe à la partie plaisante du film : le reste. Je ne répèterai pas ce qui a été dit plus haut, un très bon duo, un film que l’on sent écrit autant avec le cœur qu’avec la tête. Un très bon moment pour un film au succès populaire mérité.

  4. Le cinéma français depuis quelques temps nous donne beaucoup de « daubes » ! MAIS il arrive parfois qu’un film se démarque des autres, par son style et autres facteurs qui montrent que, les films « made in france » sont faits avec passion et non pour l’argent.
    Bienvenue chez les Ch’tis est LA comédie française de cette année (et des années suivantes si on refait des « daubes » comme on sait le faire si bien).

  5. Etant très difficile d’échapper au mouvement grégaire généré par Bienvenue…, j’ai eu l’occasion de le voir en de très bonnes conditions en vacances d’été, dans une salle moderne, quasi vide.
    Et oui, Bienvenue… fait passer un moment agréable, mais « quoi » ?

    Concrètement, j’ai retenu deux scènes du film.
    La meilleure, quand Danny joue des cloches au beffroi. Mélodieux, original, beau et touchant.
    Et la pire, quand Kad provoque son accident surréaliste sur l’autoroute avec sa femme comme passager. Et encore, j’ai hésité avec le gag du quiproquo sur « je lui dis quoi » : les meilleures blagues sont les plus courtes, et là, la drôlerie est entretenue pendant un temps qui m’a semblé une éternité. Laissons cet exercice périlleux à l’irremplaçable Coluche, « Meeeeerde » !

    Alors, pour une comédie gentille agrémentée de petits gags, je dis d’accord, mais de là à encenser le film comique de l’année, arrêtons d’être ridicule.

    Suis-je devenu si délicat ? A moins que mon nerf de la larme aux yeux soit devenu insensible ?

    Pour trouver une explication à mon décalage de goût, et tenter de comprendre ma frustration de ne pas avoir ri à gorge déployée comme certains, j’ai tenté une expérience : sauter sur La chèvre (Veber, 1981) qui passait sur la TNT…
    Et les larmes ont ruisselé !!!
    C’est peut-être un hasard, mais quand un Malcom me fait quotidiennement mal aux abdos et zygos à l’heure où une présentatrice tente de me saper le moral avec son sourire Gibbs, je me dis que mon nerf de l’humour est toujours bien vivant et sensible.

    Alors « quoi »?

    Alors je m’explique cet engouement pour une comédie simple et bien perfectible par une lacune dans le choix des films humoristiques en cette époque (moral bourdonnant avant la crise financière?), un simple effet d’offre et de demande inassouvie depuis trop longtemps.
    Heureusement, depuis, l’offre s’étoffe un peu. Cette année 2009 a vu Coco de Gad Elmaleh par exemple. Mais désolé c’est justement l’exemple même de l’erreur de parcours forcément ultra visible venant d’un monstre sacré du spectacle.

    Cela fait tout de même deux films décevants de la griffe d’humoristes. Ne généralisons pas, Franck Dubosc s’y est bien essayé deux années avant, et en toute sincérité, brillamment non ?

    Tout n’est pas à jeter sur Bienvenue…, et espérons que le remake américain saura sublimer ce que j’espérais être un BON film marrant. Encore qu’adapter un patois étranger dans une version doublée, ou sentir le poids des accents sans être totalement bilingue, c’est loin d’être une sinécure…

    Garçon, un pastis quoi !

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