GAL

Miguel Courtois, 2008 (Espagne)

En Espagne et en France dans les années 1980 le mouvement séparatiste basque E.T.A. multiplie les attentats meurtriers. Pour tenter de remédier à cette vague d’attentats, est formé le G.A.L., Groupe Anti-terroriste de Libération, qui répond de manière aussi radicale aux terroristes. Mais qui se cache derrière le GAL, dont les méthodes sont tout aussi contestées que celles de l’ETA ? Deux journalistes d’un quotidien national, Manuel Mallo (José Garcia) et Marta Castillo (Natalia Verbeke), mènent l’enquête et sont rapidement contactés par un ancien du GAL qui décide de leur fournir de sérieuses informations afin de révéler au grand jour qui tire les ficelles et de faire cesser ces tueries. Il en résulte des liens avec les plus hauts responsables du gouvernement espagnol : un scandale prêt à éclater si les journalistes parviennent à éviter les grosses pressions exercées sur eux.

GAL est un brillant film politique basé sur des faits réels qui se sont déroulés entre 1983 et 1992 et parvient à bien mettre en évidence les liens mêlant les politiques espagnole et française à cette forme de lutte souterraine contre le terrorisme. En cela, le film, ou plutôt, les faits similaires racontés rappellent Munich de Steven Spielberg (2006). Tourné du point de vue des journalistes, GAL réussit aussi bien qu’un reportage d’investigation à nous expliquer les dessous de cette affaire finalement peu connue et, en France en tout cas, très peu médiatisée. Par le biais du divertissement, Miguel Courtois (qui s’était déjà illustré dans la série policière La Crim’ entre 1999 et 2001, mais surtout réalisateur d’El Lobo dans lequel il s’intéressait déjà à la lutte contre l’ETA) parvient à nous informer de façon pédagogique, réaliste et intelligente sur ces faits très peu relatés.

La force du film est de mettre en avant les faits réels de manière très rigoureuse (presque austère même), le cheminement de l’enquête, les révélations successives. Les acteurs, eux, semblent même « mis en retrait » au profit de l’histoire (José Garcia est néanmoins excellent ; je retiens aussi l’époustouflante prestation du très vulgaire -dans le film- Jordi Molla). Et lorsqu’on sort de la salle, ce sont les événements relatés dans ce film coup-de-poing qui marquent, plus que le souvenir des acteurs : voilà la grande différence entre ce genre de film et par exemple Sans arme, ni haine, ni violence où Jean-Paul Rouve finit par agacer en se mettant systématiquement en avant*.

Bon film, même si parfois un peu confus dans sa construction faite de nombreux flash-backs (il faut être bien attentif pour suivre !).





D’ailleurs, les films policiers mettant en scène des événements réels liés aux années 1970 et 80 prolifèrent ces derniers temps : Les liens du sang de Jacques Maillot, MR73 d’Olivier Marchal, et le diptyque sur Mesrine de Jean-François Richet sortent tous cette année 2008.

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